Fantasy … un genre en dehors des routes littéraires ?
Pour une fois, le titre de cet article arrive tout droit de la lecture du brillant »Mémoire en master deux » de Isabelle Valdher, sous le titre « Science fiction et littérature jeunesse – L’entrée dans la cour des grands ». Loin de se cantonner au stricte domaine de la Science-fiction, elle étend par moment son domaine d’analyse sur la littérature de l’imaginaire dans son ensemble. Un excellent travail qui montre ô combien ce genre de littérature doit se confronter sans arrêt aux mêmes barrières idéologiques de traiter ce genre de littérature comme un sous-genre, où son seul but serait de satisfaire la rêverie et l’imagination aux profits de thèmes plus structurants sur la construction de l’enfant.
Pour les lecteurs assidus que vous êtes, vous trouverez le mémoire complet en cliquant sur le lien : http://master3.hautetfort.com/media/00/02/1143108539.pdf ainsi que le blog de l’auteure à cette adresse : http://petitesmadeleines.hautetfort.com/
Même si ce mémoire date de 2005, les éléments décrits se révèlent d’une forte pertinence. Prix littéraires pour la jeunesse, salon du livre jeunesse, séances de dédicaces, interventions d’auteurs dans les collèges, autant de manifestations qui prouvent le formidable foisonnement de cette littérature de l’imaginaire. Et que dire d’un lectorat qui s’élargit pour venir chatouiller les yeux du monde des adultes ?
Ce qui a retenu également mon attention dans ce mémoire, provient d’une enquête réalisée dans une bibliothèque auprès d’un lectorat de jeunes adolescents (travail annexe ajouté au mémoire).
- 55% des jeunes choisissent leurs lectures,
- 72% affirment avoir envie de lire un autre livre après leur lecture,
- les genres ne délimitent pas les lectures des garçons ou des filles, mais en moyenne 7 filles pour 3 garçons,
- 1/3 des lectures sont les livres issus de cycle comprenant 2 tomes au minimum ( »A la croisée des Mondes » de Philip Pullman, « La Quête d’Ewilan » de Pierre Bottero, « Artemis Fowl » de Eoin Colfer, « Tara Duncan » de Sophie Audouin-Mamikonian, pour ne citer de quelques uns),
- parmi les éléments qui leurs plaisent : le sujet dont ils se sentent proches, l’émotion que leur procure le livre, l’évasion et l’imagination permises par le livre, le personnage principal auquel ils s’identifient souvent, l’humour …
- leurs reproches : la brièveté des oeuvres (la moyenne ne dépassent pas 100 pages), la simplicité de l’écriture, l’attente jusqu’à la suite, le manque de complexités …
En guise de conclusion et malgré les idées reçues, les adolescents constituent un public des plus exigeants en matière de littérature, d’autant plus, jeunesse.
Je me souviens encore des paroles de Fabrice Colin lors d’une conférence sur la littérature jeunesse durant le Salon du Livre de Paris de 2008. Il était étonné par la demande des jeunes sur les gros volumes et la vitesse à laquelle ils dévoraient ses oeuvres de plusieurs centaines de pages.
Pour répondre au sujet de l’autoédition. Il existe de nombreux sites permettant de mettre en ligne et de vendre par le biais du net ses oeuvres, mais mon choix réside dans un éditeur « classique » , fut-il patienter encore de nombreux mois.
Quelques nouvelles sur le tome II. L’aventure s’étoffe au fil des mots pour atteindre 80 pages. De nouveaux personnages font leur apparition, d’autres gagnent en complexité et révèlent leur côté sombre. Comme pour le tome I, l’aventure débute dans une grande forêt du Finistère Nord et se poursuit en Ecosse, avant de rejoindre le monde des Ordres Magiques et leurs runes ancestrales.
Cette semaine, une interview de Alexandre Moix sur le site très complet « Les Histoires Sans Fin » : http://www.leshistoiressansfin.com/Interview-de-la-semaine/interview-alexandre-moix.html
A bientôt pour la suite des aventures …
Bye
PS : N’hésitez à jeter un oeil sur la page « Evènements ». Une première moitié d’année riche en Salons sur la littérature de l’imaginaire.
Posted in Fantasy, Non classé, Portail Jeunesse
février 17th, 2009 at 11 h 43 min
merci! c’est avec plaisir et même fierté que je viens de lire votre billet. Je suis ravie d’avoir par la même occasion découvert votre blog dont le sujet, évidemment, m’intéresse! belle continuation!
février 22nd, 2009 at 17 h 44 min
« leurs reproches : la brièveté des oeuvres (la moyenne ne dépassent pas 100 pages), la simplicité de l’écriture, l’attente jusqu’à la suite, le manque de complexités … »
Ça prouve qu’à force de simplifier à outrance sous prétexte de vouloir être clair pour tous, ou de rendre « niais » certains passages dans une auto-censure moralisatrice (blah, le sang et les têtes coupées c’est pas bien ! Concentrons-nous sur le côté héroïque de la bataille, pas les morts…), on a fait de la littérature jeunesse fantasy un véritable sous-genre.
J’espère vraiment que la nouvelle vague d’éditeurs donnera aux grands éditeurs l’envie d’enfin aller au-delà et de considérer la littérature jeunesse comme l’adulte : avec enthousiasme.
Parce qu’à force de prendre la « jeunesse » pour un ramassis d’imbéciles qui ne savent pas lire, c’est ce qu’elle va devenir. Or c’est le contraire qui doit être fait !!
En demander plus lors des lectures pour les tirer vers le haut.
Article très intéressant (et mémoire mis en favoris pour lecture future), j’aime beaucoup votre blog dans son ensemble ! D’ailleurs je l’ai rajouté à mes liens également =)
Bonne continuation !!
Cécile.