Littérature de l’imaginaire : Pirates et Flibustiers
Les Imaginales 2009 s’en sont allées. Restent les yeux remplis d’images, les oreilles chargées des conversations, l’esprit encore frémissant des merveilleuses rencontres avec les auteurs et leurs univers parcourant tous les horizons de la vaste toile de l’imaginaire.

Rencontres et cafés-débats se sont succédés le long de quatre jours, offrant un brassage multiculturel de cette littérature de l’imaginaire. Mais pour une fois, attardons-nous sur l’un des débats organisés sous la toile tendue du Magic Mirror, et concentrons-nous autour d’un thème plein de mystères, mêlant histoires et vieilles légendes à vous faire hérisser les poils du dos comme une brosse à reluire.
Voilà chose faite avec l’univers des Pirates et Flibustiers. Réunis autour de la table ronde, Fabrice Colin pour la suite de La Malédiction d’Old Haven avec Le Maître des Dragons (Editons Albin Michel, collection Wiz), Johan Heliot avec Les Fils de L’air (Editions Flammarion, collection Ukronie), Edouard Brasey et Eve Lagarde pour Pirates et Flibustiers du bout du monde (Editions Hors Collection).

Première étape, s’y retrouver un peu dans cette foultitude de personnages, et surtout, comment les reconnaitre. Les Flibustiers (provient du néerlandais « Voler en Volant ») , aventuriers des îles, trocs en tous genres, frères de la côte, bandits des océans que l’on croise aux 17eme siècle aux larges des Antilles et des Caraïbes. Les Pirates qui travaillent pour leur propre compte, les Corsaires, des pirates légaux naviguant et pillant au nom du roi, les Boucaniers car ils fumaient la viande, le boeuf et le porc et quelques fois … d’autres pirates.
Mais pourquoi un tel intérêt pour des gens aussi peu fréquentable. Sans doute l’aspect historique qui est devenu légendaire. Tout se mêle, tout se mélange, aussi bien le vrai que le faux, du plus incroyable à la réalité, le tout perdurant pendant un siècle et demi. Ils écument les côtes de la Bretagne, de l’Espagne, de l’Angleterre pour se rejoindre sur la plus célèbre des îles, celle de la Tortue. Alors s’ensuit beuveries interminables, rixes et pugilats dans l’Auberge du Rat qui Pète.

Contrairement aux idées reçues, cette congrégation est animée d’une déontologie très forte, de règles qui sont les leurs : un bras en moins, une part de butin en plus.
La littérature de l’imaginaire s’empare de ces mythes pour s’en faire sienne, L’Ile aux Trésor de Robert Louis Stevenson, Peter Pan de J. M. Barrie , jusqu’aux Cahiers de Louis-Adhémar-Timothée Le Golifles, dit BorgneFesse, capitaine de la flibuste, présenté comme un récit de mémoires authentiques (découvert dans un éboulement à Saint Malo) mais qui s’avéra en définitive un faux, un pastiche parfaitement réussi.
Pour Johan Heliot, c’est un peu le hasard et la rencontre avec un personnage authentique, haut en couleur : Robert Surcouf. Ce marin qui pratique le pillage et finit à son propre compte lui donne l’envie d’un roman de Fantasy Uchronie qui plonge le lecteur dans l’âge d’or de la piraterie. Pour Fabrice Colin, c’est la mise en place d’une Amérique coloniale avec des dragons. D’un côté les Sorcières (la ville de Salem, la persécution), de l’autre les Pirates. Le coeur du livre révèle deux archétypes sexuels forts : la sorcière, femme mystérieuse, le pirate celui qui enlève la femme pour la sortir de son environnement bourgeois.
Alors, pourquoi un attachement si fort ? Sans doute l’esprit de liberté, celui qui est en rupture de banc avec son époque, une manière de vivre proche de la « Rock and Roll » attitude d’aujourd’hui. On peut en éprouver de la sympathie – idéologie libertaire, « Vivre libre et mourir vite ».
Les règles sont cependant sévères : le capitaine est choisi principalement pour son aptitude au combat naval, il est l’égal de son équipage qui n’hésitera pas à le remplacer par un plus valeureux si nécessaire. Ce qui les attire, ce sont les lourds navires Espagnol et Portugais, galions chargés jusqu’à la gueule, d’or et de métaux précieux pillés dans les pays d’Amérique du sud et qui les désignent comme des proies idéales. C’est aussi tout un arsenal de tortures, éblouissantes de cruauté poétique : le supplice de la planche (planche de bois tendue au delà du bord du navire), morceaux de verre enfoncés dans le corps, la cage de gibet (très étroite), ou se faire maronner (dépose sur une île déserte). Ils avaient chacun leur signe de reconnaissance : le pavillon noir (tête de mort), un squelette entier, un sablier (le temps qui passe), un coeur rouge (tâches de sang).
Et le fameux anneau d’or dans l’oreille ? Et bien, la seule véritable richesse qu’ils portaient sur eux et qui servait à payer leurs funérailles, s’ils ne disparaissaient pas dans les océans, dévorés par un requin comme un encas bien juteux et croustillant. Un enterrement signait le gage d’une postérité. Malgré tout, le pirate reste sympathique jusqu’à en devenir un héros positif. N’oublions pas les femmes pirates avec Ann Bonny et Mary Read, exceptions à la règle car quiconque faisait monter une femme à bord était passible de mort.
L’âge d’or d’Hollywood c’est emparé de ces personnages, depuis les films en noir et blanc avec l’effrayant Barbe Noire de Raoul Walsh, en passant par le virevoltant Erol Flynn et plus récemment, le désabusé Johnny Depp dans la trilogie Pirates des Caraïbes.
Alors ! envie de découvrir le monde des pirates … il ne vous reste plus qu’à lire et savourer Pirates et Flibustiers d’Eve Lagarde et Edouard Brasey.
Il ne manquait plus que quelques images. C’est chose faite grâce au site Les Histoires Sans Fin. A découvrir ci-dessous un reportage sur les Imaginales 2009 et vous faire patienter jusqu’à l’année prochaine pour la 9eme édition. A ne manquer sous aucun prétexte pour tous les aventuriers des mondes imaginaires !
Reportage aux Imaginales 2009 – Interviews auteurs jeunesse
envoyé par LesHistoiresSansFin. – L’info internationale vidéo.
Quelques nouvelles du Cycle de Rune. Dans quelques jours, 12 mois sonneront les premiers envois du manuscrit. Les réponses se font rares et l’attente se fait longue. Le manuscrit a été inscrit (dans sa quatrième version) pour le concours des Editions Michel Lafon et il faudra attendre jusqu’au 30 novembre pour connaitre s’il fait parti de la sélection des 5 romans retenus.
A bientôt pour plus de nouvelles,
Bye,
Posted in Cycle de Rune, Fantasy, Manuscrit, Salon having 3 comments »




